A412 : le Chablais mérite mieux qu’une autoroute de plus

La circulation dans le Chablais est devenue insupportable pour beaucoup d’habitants. À Bons-en-Chablais, Douvaine et dans de nombreux villages et hameaux, personne ne peut sérieusement nier les difficultés quotidiennes : voitures, bruit, embouteillages, pollution et temps perdu.

Le problème existe. Mais pour la Ligue Savoisienne, l’A412 n’est pas la bonne réponse.

Notre première préoccupation est celle de notre territoire. La Savoie ne dispose pas de terres, de forêts, de zones humides et de terres agricoles en quantité illimitée. Chaque nouvel hectare artificialisé est un morceau de territoire que nous transformons durablement.

L’Autorité environnementale indique que le projet entraînerait à lui seul l’imperméabilisation de 55 hectares pour la section courante et les bretelles, presque entièrement sur des milieux naturels ou agricoles. Elle estime également à environ 286 000 tonnes de CO₂e les émissions supplémentaires liées au chantier et aux vingt premières années d’exploitation.

Pour la Ligue, continuer à abattre, bétonner et artificialiser nos sols ne peut pas constituer notre unique réponse à l’augmentation des déplacements.

Comment en sommes-nous arrivés là ?

C’est également une question de gouvernance et d’anticipation.

Le budget 2026 du Département de la Haute-Savoie atteint 1,461 milliard d’euros. Cela ne signifie évidemment pas que cette somme puisse être consacrée à une infrastructure routière : les compétences sociales et les dépenses de fonctionnement représentent une part considérable de ce budget.

Mais une question demeure.

Comment un territoire confronté depuis des décennies à l’augmentation prévisible des déplacements dans le Chablais en est-il arrivé à considérer une autoroute concédée et payante comme la solution ?

Pourquoi les infrastructures nécessaires n’ont-elles pas été anticipées progressivement ? Pourquoi les alternatives routières, ferroviaires et collectives n’ont-elles pas été développées suffisamment tôt ?

Pour la Ligue Savoisienne, l’A412 révèle surtout les limites d’une gestion du territoire qui réagit à la saturation lorsqu’elle est déjà là au lieu de l’anticiper.

Dire non à l’A412 ne signifie pas abandonner les habitants

Nous refusons une opposition caricaturale entre, d’un côté, ceux qui voudraient protéger la nature et, de l’autre, ceux qui voudraient pouvoir circuler.

Les habitants de Bons, Douvaine et des villages traversés ont droit à une solution.

La question est de savoir laquelle.

Il doit être possible d’étudier sérieusement une solution moins destructrice et plus durable : amélioration des axes existants, contournements ciblés lorsque cela est indispensable, transports collectifs, covoiturage, lignes de bus performantes et surtout développement du ferroviaire.

Le succès du Léman Express devrait précisément nous conduire à approfondir cette réflexion. Sa fréquentation a largement dépassé les prévisions initiales. L’Autorité environnementale relève elle-même que cette réalité n’est pas suffisamment intégrée dans l’étude des alternatives à l’A412 et demande que celles-ci soient actualisées.

Pourquoi ne pas étudier beaucoup plus sérieusement le renforcement de la liaison ferroviaire Annemasse–Thonon–Évian, le doublement de certaines capacités, de meilleurs rabattements vers les gares et un véritable réseau de transports collectifs adapté au Chablais ?

Protéger la Savoie, c’est aussi penser son aménagement

La position de la Ligue Savoisienne est donc claire : nous sommes opposés à l’A412 telle qu’elle est aujourd’hui conçue.

Mais nous reconnaissons tout aussi clairement l’urgence du problème de circulation dans le Chablais.

Notre territoire ne doit avoir à choisir ni entre l’asphyxie automobile de ses villages, ni entre la destruction progressive de ses espaces naturels.

Nous voulons que soient étudiées et comparées publiquement des solutions réellement alternatives, avec leurs coûts, leurs impacts environnementaux et leur capacité réelle à améliorer la vie quotidienne.

De l’autre côté de la frontière, les populations ont été consultées lorsqu’il s’agissait d’agrandir ou de créer de nouvelles autoroutes.

Sommes-nous condamnés à accepter sur nos terres des décisions imposées qui vont à l’encontre de la démocratie ?

Ne pourrait-on pas consulter les populations concernées avant de s’engager à grands frais dans des projets insensés et contestés par ceux qu’ils concernent ?

Parce qu’au-delà de l’A412 se pose une question beaucoup plus fondamentale :

Quel Chablais voulons-nous transmettre demain ?

Une succession de routes, de zones artificialisées et d’embouteillages déplacés quelques kilomètres plus loin ?

Ou un territoire capable d’organiser intelligemment ses déplacements tout en préservant ses terres, ses paysages et ses villages ?

La Ligue Savoisienne a choisi de défendre la seconde voie.

Mais ce débat appartient d’abord aux habitants.


Et vous, Savoisiennes et Savoisiens du Chablais, qu’en pensez-vous ?

Existe-t-il selon vous une meilleure solution que l’A412 ?

Rejoignez-nous et suivez-nous sur nos médias sociaux.

Nous avons besoin de votre soutien